Le
colonel
Le
colonel à la retraite De Beaulieu, avec une particule je vous prie,
avait de tous temps mené son monde à la baguette. Affecté auprès
du grand général qui vous savez durant la guerre 39-45 à un
secrétariat d’intendance. Avec lui il ne fallait pas se tromper
sur la quantité de boîtes de pâtés, la qualité des couvertures,
ni sur la disparition de quelques bougies. En activité, ses fureurs
et ses remontrances ainsi que toutes ses punitions étaient craintes
par les bidasses.
Aujourd’hui,
il parlait fort malgré ses quatre-vingts ans et dans le minuscule
appartement qu’il occupait à Paris dans le septième
arrondissement sur son fauteuil roulant il se déplaçait tel un char
d’assaut sur le front d’une bataille.
La colonelle, soumise et tremblante, n’osait plus l’affronter même dans de simples échanges quotidiens. La petite bonne bretonne recevait régulièrement des coups de baguettes sur les fesses quand par malheur elle avait oublié d’essuyer les vilains objets, souvenirs de campagne confisqués dans les pays du monde où il avait par sa présence, terrorisé et l’ennemi, et les troupes.
La colonelle, soumise et tremblante, n’osait plus l’affronter même dans de simples échanges quotidiens. La petite bonne bretonne recevait régulièrement des coups de baguettes sur les fesses quand par malheur elle avait oublié d’essuyer les vilains objets, souvenirs de campagne confisqués dans les pays du monde où il avait par sa présence, terrorisé et l’ennemi, et les troupes.
Le
colonel De Beaulieu se sentait cloué comme un papillon sur un
bouchon de liège décuplant ses colères et sa hargne. Mais le soir,
enfermé dans une minuscule chambrette emplie de photographies
anciennes, ses multiples décorations au mur, son képi et son
uniforme sur un cintre, là, dans la minuscule chambrette, seul, le
colonel De Beaulieu pleurait comme un enfant.
Son
corps était sa caserne, impossible de faire le mur.
M.T
M.T
Colonel ou non...triste vieillesse
RépondreSupprimerBonjour chère Josette, et oui, égalité de traitement !
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