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jeudi 28 janvier 2016

La rencontre

La Rencontre

Mois de novembre.
Un vendredi soir.
C’est à la station République que l’homme monta. Quand il pénétra dans le wagon, un parfum entêtant d’eau de toilette fit vibrer les narines des voyageurs.
Une soixantaine d’années, fine moustache, rasée de près, vêtu tel une couverture de mode pour seniors de quartiers chics.
Un chapeau Panama crème, gants beurre frais en cuir. Il portait une grosse monture en écaille supportant d’épais verres qui lui donnait, malgré un visage harmonieux, un regard terrifiant. Au bout d’un bras, une canne.
S’approchant difficilement de Justo, d’une voix douce, il lui adressa la parole :
-Je ne suis pas de Paris mais de province, je cherche la rue Orfila, je sais qu’il faut descendre à une station, hélas, je ne sais pas laquelle, pouvez-vous me renseigner?
Justo courtois répondit.
-Pas de problème monsieur, justement je descends à la station Gambetta, là, je vous indiquerai le chemin à suivre.
Il était 19 heures, les rames bondées. Serrés les uns contre les autres, à un moment, profitant d’un arrêt brusque à une station, l’homme gesticula, se colla un instant à Justo gêné.
-Vous ne pourriez pas tenir ma canne une seconde, j’ai besoin de consulter mon agenda, pas pratique comme vous pouvez le constater.
Justo, souriant, malgré la foule, empoigna solidement la canne, attendit que l’homme consulte son calepin, puis la lui rendit.
-Décidément quelle crasse dans ce métro, soupira avec une grimace l’homme.
-Nous arrivons à Gambetta, dit Justo.
Une fois à l’air libre, l’homme tourna dans tous les sens l’air inquiet.
-Une dernière faveur jeune homme, guidez-moi jusqu’au 13 bis, c’est là que je dois aller.»
Justo soupira, guida l’homme devant une porte cochère.
L’homme vainement cherchait quelque chose.
-Je ne distingue pas les codes, pourriez-vous appuyer sur le bouton « Au Lotus Bleu »?
Justo s’exécuta.
-Voilà !
-Merci... au revoir.
Justo vit disparaître l’homme dans l’immeuble. Sous une fine pluie, dans la nuit, fourbu, il rentra chez lui. Il prit une douche, soupa, regarda un moment la télé, se coucha. Dans son minuscule appartement, l’imperméable humide, imprégné de l’eau de toilette de l’homme, l’incommoda jusqu’à son sommeil.
Au matin devant un grand bol de café noir.
Il ouvre la radio.
- "Un crime a été perpétré dans la nuit au 13 bis de la rue Orfila dans le vingtième. Une femme d’environ 30 ans, qui, selon la brigade des mœurs, faisait commerce de ses charmes a subi d’un agresseur, un client sans doute, de nombreux coups à la tête. On a retrouvé sur place une canne brisée tachée de sang..."
Il fixe ses mains qui se crispent autour du bol.
 "... ainsi qu’un bouton, probablement celui d’un imperméable. Une enquête est en cours. Maintenant Marina la météo pour la semaine..."
Justo n’entend déjà plus le speaker qui passe à d’autres nouvelles.


Fin

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